
C'est avec la "fleur des marais" ...
que je vous accompagne en ce début de semaine ensoleillée mes amis ...
Cette "fleur des marais" aime vivre les pieds dans l'eau.

On rencontre cette grande fleur, complètement jaune vif ...
vivace, dans les grandes prairies très humides, les fossés, au bord des ruisseaux, des étangs
et dans les zones marécageuses, souvent cachée parmi les roseaux ...

Elle fleurit dans des endroits ensoleillés et chauds
et est présente dans de nombreuses régions,
un peu moins dans le midi.

Elle s'appelle "iris des marais", "iris d'eau" "iris faux acore"
ou encore "fleur de glais" et fleurit de mai à juillet.

Elle est le thème de cette histoire vécue que je vous conte aujourd'hui ...
Lorsqu'il était enfant, le grand poète Frédéric Mistral (1830-1914)
habitait avec ses parents une ferme,
qu'on appelle un mas dans le midi de la France.
Derrière ce mas, il y avait un ruisseau où le petit Frédéric,
dès l'âge de quatre ou cinq ans, allait pêcher des poissons qui passaient en bandes.
Mais ce qui le charmait le plus par-dessus tout, c'était les fleurs de glais.
C'est une plante qui pousse au bord de l'eau,
avec le longues feuilles et de belles fleurs jaunes comme l'or ...
Malheureusement, les fleurs étaient de l'autre côté du ruisseau !
Un jour, Frédéric eut envie d'aller en cueillir un beau bouquet.
Il alla près du ruisseau.
Doucement, il descendit au bord de l'eau et tendit la main pour attraper les fleurs ...
il se pencha ... allongea son bras et ... tomba dans l'eau jusqu'au cou.
Il se mit à crier si fort que, du mas, sa mère l'entendit et accourut.
Elle le tira de l'eau et, fort en colère, lui donna deux gifles.
Elle le ramena à la maison, le sécha et lui mit ses habits du dimanche .
Frédéric s'en alla faire quelques cabrioles dans le pré.
Il vit un beau papillon blanc qui voltigeait près de lui.
Il courut parès lui pour l'attraper, mais ... le papillon volait si vite.
Frédéric le poursuivit ... et arriva près du ruisseau.
Les belles fleurs étaient toujours là, semblant lui faire signe.
Elles semblaient toutes proches.
Il descendit avec mille précautions, posant ses petits pieds bien à plat au ras de l'eau.
Il se pencha, tendit son bras le plus loin possible, s'étira autant qu'il put et ...
Vlan !
tomba dans la vase où il se mit à barboter ...
Sa mère, qui avait entendu un grand bruit, arriva à grandes enjambées,
l'arracha tout noir de la vase et,
avant toute chose, lui administra une fessée retentissante :
"Tu y retourneras encore, aux fleurs de glais ?
Tu veux donc te noyer ? ...
De nouveau, elle le ramena au mas, le déshabilla, le frictionna, lui mit d'autres vêtements.
"Maintenant, tâche de te tenir tranquille ! ... Tu vas garder les poules, cela t'occupera ! ...
Frédéric s'en alla garder les poules, bien décidé à les surveiller avec attention.
Tout allait bien, quand une jeune poulette s'éloigna de la troupe en poursuivant une sauterelle.
Et voilà notre gardien parti à ses trousses pour la faire revenir vers ses soeurs.
Mais la sauterelle affolée sautait de plus en plus vite,
de plus en plus loin, la poule la suivait, ailes déployées ...
Derrière elles, Frédéric arriva, devinez où ? ...
Près du ruisseau où les fleurs se miraient dans l'eau !
Il sentit aussitôt son envie de les cueillir se réveiller.
"Cette fois, se dit-il, je vais faire très attention de ne pas tomber dans l'eau."
Il descendit le long du talus et arriva tout près du bord.
Il s'accrocha d'une main à une touffe de jonc qui poussait là et, se penchant sur l'eau,
il essaya d'atteindre de l'autre main les fleurs de glais.
Brusquement , le jonc cassa et Frédéric plongea la tête première au milieu du ruisseau.
Il se redressa comme il put et se mit à crier de toutes ses forces.
Tous les gens de la ferme, les voisins accoururent :
"C'est le petit Frédéric qui est encore tombé dans l'eau ! ...
Sa mère va lui donner une correction d'importance ! ...
Non ! ... La pauvre femme avait eu trop peur.
Elle n'eut pas le courage de fesser son enfant aussi entêté qu'imprudent.
Elle le frictionna, le sécha, lui fit boire une tisane bien chaude et le coucha.
Frédéric pleura longtemps, puis s'endormit en rêvant
aux fleurs de glais qu'il n'avait pu cueillir ...
(histoire tirée du livre "Dis raconte" aux éditions "Hachette")

"L'iris des marais" est le symbole de la ville de Bruxelles depuis le 5 mai 1991.
Selon la légende, l'iris des marais poussait en abondance autour des remparts de Bruxelles
et a offert une victoire clef au Duc de Brabant :
sachant que cette plante ne pousse que dans les eaux peu profondes,
ses troupes savaient où galoper à travers les zones inondées
alors que ses adversaires se noyèrent en tentant de traverser le marais.
