11.11 ....
Publié le 3 Août 2019
Ce 11 Novembre,
arrêtons nous un instant sur ce morceau choisi émouvant, tiré de l'écrit ......
"Nouveaux Chants du soldat"
LE BON GÎTE
"Bonne vieille, que fais-tu là ?
Il fait assez chaud sans cela.
Tu peux laisser tomber la flamme.
Ménage ton bois, pauvre femme,
Je suis séché, je n'ai plus froid."
Mais elle, qui ne veut m'entendre,
Jette un fagot, range la cendre :
"Chauffe-toi, soldat, chauffe-toi.
"Bonne vieille, je n'ai pas faim.
Garde ton jambon et ton vin ;
J'ai mangé la soupe à l'étape.
Veux tu bien m'ôter cette nappe !
C'est trop bon et trop beau pour moi."
Mais elle, qui n'en veut rien faire,
Taille mon pain, remplit mon verre :
"Refais-toi, soldat, refais-toi.
"Bonne vieille, pour qui ces draps ?
Par ma foi, tu n'y penses pas !
Et ton étable ? et cette paille
Où l'on fait son lit à sa taille ?
Je dormirai là comme un roi."
Mais elle, qui n'en veut démordre,
Place les draps, met tout en ordre :
"Couche-toi, soldat, couche-toi ! "
Le jour vient, le départ aussi.
"Allons ! Adieu ... Mais qu'est ceci ?
Mon sac est plus lourd que la veille ...
Ah ! bonne hôtesse ! Ah, chère vieille,
Pourquoi tant me gâter, pourquoi ? "
Et la bonne vieille de dire,
Moitié larme, moitié sourire :
"J'ai mon gars soldat, comme toi ! "
de Paul Déroulède
(poète romancier-dramaturge)


J'avais un camarade,
- de meilleur c'est pas vrai -
là toujours à côté
tous deux pas cadencé,
le tambour tapait ses roulades.
Mais un boulet s'envole,
- c'est pour moi ou pour toi -
et c'est lui qu'il emporte.
A mes pieds il est là
Et je crois que c'est moi.
Sa main cherche la mienne,
ma main charge mon arme
et le combat m'appelle :
dors en paix éternelle,
ô toi, mon camarade !
(écrit de Ludwig Uhland)

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