Le temps des moissons ..
Publié le 10 Juillet 2021

Les moissons battent leur plein en ce moment par chez nous ...
Chaque année j'aime les mettre en valeur
et cette fois j'ai choisi de le faire avec
un extrait du roman...
"Victorine, le pain d'une vie" de Sylvie Anne
qui évoque le départ des journaliers lors des moissons d'antan !
Avec l'été, les hameaux retrouvèrent l'animation des grands jours.
Le café ne désemplissait pas et, jusqu'à fort tard le soir, on y discutait des prochaines moissons et
la fête du double couronnement à Notre Dame de la Délivrance.
Début août, les femmes allèrent prier à Sainte Anne de Kéry.
Françoise les rejoignit plusieurs fois.
A genoux devant la statue, elles se recueillaient depuis bien
des générations pour que les récoltes soient bonnes.
Il valait mieux se réconcilier les grâces divines avant les travaux des champs, car on racontait
qu'il y a deux siècles les tiges de blé et de seigle se desséchèrent sur pied au moment de la fauche
et qu'il s'ensuivit une famine épouvantable .
Sur la grand-route Marie-Aimée vit passer les premiers journaliers venus se louer.
Bientôt, ils se rassemblèrent devant l'église avec leurs faux et leurs faucilles à lame dentée.
Le café se vida aussitôt, les femmes, les enfants coururent jusqu'à la place.
Selon la coutume, tous les journaliers, bénis par le curé, chantèrent avant de rejoindre les champs :
"Faucilles et faux
C'est le cri de bonne guerre
Que lancent les fils de la terre
Faucilles et faux
C'est du pain pour les jours chauds".
Ces "aoûtiers " se mirent en route après qu'on leur eut servi une soupe de choux verts.
Etranges colonnes d'hommes en culottes de toile, aux chemises échancrées et aux
grands chapeaux de paille, accompagnés des cris d'enfants et de femmes
portant le repas du midi et qui s'agitaient dans une brume légère annonçant une forte chaleur.

Souvenir d'un battage à l'ancienne

Je vous souhaite une bien agréable semaine les amis !
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