"le chien et la mer" ...
Publié le 24 Juillet 2024

Bonjour mes amis !
Pendant cette période de vacances,
qui se prête à la lecture ....
je ne pouvais résister, de nouveau, à vous livrer les impressions
du héros de ce roman de l'écrivain "Laurence JYL"
paru en 1992 ....
"Monsieur Joël".

Le procédé qui consiste à se mettre dans la peau d'un chien
pour découvrir le monde des hommes a été plusieurs fois utilisé mais ...
Laurence JYL s'y est essayée avec beaucoup de bonheur ...
Je vous laisse, avec bonheur, en juger avec cet extrait où
"Monsieur Joël découvre la mer"...

La mer, on ne la voyait pas, tellement elle était loin,
mais je me suis douté qu'elle était pleine d'eau quand je suis arrivé sur le sable mouillé.
Il restait même des flaques qui prouvait qu'elle était passée.
Et brusquement l'angoisse, l'anxiété ... un tracas terrible ...
Et si la mer était partie pour toujours ?
Si je l'avais ratée ?
Elle pouvait très bien me détester par ouï-dire, çà s'est vu ...
J'en reviens cependant à mon angoisse au sujet de la fuite de la mer.
Elle était si violente que je me suis brusquement mis à courir
comme un dingue en direction de cette mer pleine d'eau.
Je me disais qu'à force de courir à sa rencontre, elle finirait bien par se montrer,
par être sensible à mon acharnement ...
çà me rendait ivre de galoper dans cette odeur indescriptible ...
çà me prenait à plein museau, çà me pénétrait par tous les poils, m'envahissait telle une drogue ...
Mes oreilles, on aurait cru des voiles flottant derrière ma tête... çà venait du vent.
Mes yeux étaient tout tirés sur les côtés, à moitié fermés... çà venait de la vitesse supersonique.
Ce qui fit que j'étais si occupé à courir et à sentir le vent et l'odeur de varech que j'avais fini
par oublier où j'allais et je me suis trouvé devant la mer sans l'avoir vue arriver.
C'était comme la baignoire quand Arthur m'y plonge et que je veux le mordre. En pire.
Pleine d'eau à ras bord.
Là, je vis nettement que la mer m'en voulait à ce qu'elle essayait de venir vers moi
pour me mouiller en espérant me faire croire que c'était juste de la mousse.
Mais je n'étais pas idiot.
Je voyais bien que c'était de la mousse d'eau.
Et à chaque fois qu'elle avançait, je reculais.
Et j'aboyais si fort qu'elle se retirait aussitôt, terrorisée.

Bonne lecture et au plaisir de vous retrouver demain !

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