"gâteau des rois" ...
Publié le 18 Décembre 2021

Autrefois appelée le "gâteau des rois",
(aujourd'hui, la "galette")
se déguste traditionnellement le 6 janvier à l’occasion de l’Épiphanie.
On célèbre la visite des rois mages à l’enfant Jésus.

Cette fameuse "galette" aurait bien pu tomber dans l’oubli.
En 1711, alors que la famine s’installait en France, le parlement décida de la suspendre un temps
afin que la farine soit uniquement utilisée pour la confection du pain.
Quelques années plus tard, les pâtissiers de Paris
intentèrent un procès à l’encontre des boulangers afin
d’abolir la "galette", qui faisait beaucoup trop d’ombre aux autres pâtisseries.
De 1713 à 1717, le parlement rendit plusieurs arrêts, interdisant aux boulangers le production
d’aucune sorte de gâteau et proscrivant l’utilisation du beurre ou des œufs.

Mais c’est peu après la Révolution Française que le gâteau aura été le plus menacé.
En décembre 1792, devant une assemblée acquise à sa cause,
le député Pierre Louis Manuel s’insurgeait
de l’existence d’une galette" en l’honneur des rois.
Souhaitant rayer l’Épiphanie du calendrier, l’Assemblée dut finalement, sous la pression du peuple,
trouver un compromis: le « gâteau de l’égalité » célèbrera désormais la » fête du bon voisinage »,
la fève à l’effigie du petit Jésus laissera place à un bonnet phrygien
En dépit de ces nouveaux usages, la « galette » des rois reste dans les mœurs du peuple français.
Mais à qui devons-nous la galette ... celle en pâte feuilletée ? ...
Au cours d'une de mes lectures, j’ai appris que c'était à un grand peintre français
que nous devions la galette des Rois, légère et feuilletée !
L'anecdote m'a paru assez amusante, sinon scrupuleusement exacte, pour que je vous la raconte ici :
Ce peintre du 17ème siècle, Claude Gelée, surnommé "le Lorrain" au génie multiforme,
commença dans la vie comme apprenti pâtissier.
C'était un jeune garçon très attentionné.
Un jour, dans l'attention de faire plaisir à sa maman,
il "chipa" dan le laboratoire de son patron pâtissier un peu de pâte crue.
Pour l'emporter sans se faire remarquer, il dut la plier plusieurs fois sur elle-même
et en faire un tout petit paquet facile à glisser dans sa poche.
Arrivé chez lui, il étala la pâte en galette et la mit plus tard au four.
A sa grande surprise, elle se mit à gonfler, à boursoufler en cuisant ...
et ce fut la première galette feuilletée !
Un vrai coup de chance.
Je crois d'ailleurs que c'est souvent un coup de chance quand la pâte feuilletée monte bien
dans le four de ménagère qui, entre nous, n'est pas prévu pour ce genre de cuisson :
la galette des rois idéale, bien feuilletée, craquante et légère, c'est vraiment l'affaire du pâtissier.
Lui seul a le tour de main pour la réussir et le four qu'il faut pour la cuire.
(extrait des "Carnets de Françoise Bernard")

Quant à nous, maîtresse de maison, réservons-nous le meilleur rôle :
celui de tirer joyeusement les Rois en famille !
Savez-vous qu'un collectionneur de fèves
se nomme un "fabophile" .

"Notre crèche en fèves"

Gourmande journée à tous !
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